Une Belgique scindée? Quelles répercussions sociales?

Si l’on se base sur le fait que la Belgique n’existe plus et qu’elle est scindée en trois Etats distincts, nous aurions donc des Etats portant les mêmes noms que nos Régions actuelles: la Flandre, la Wallonie et Bruxelles.
Malheureusement pour nous, la Wallonie devrait payer une facture sociale très lourde. Bruxelles aurait un sort aléatoire, dépendant du maintient ou non de son statut de capitale européenne. La Flandre serait gagnante à court terme, mais sous-estime les effets secondaires qui risquent de la pénaliser dans le futur.

A l’heure actuelle, si la Wallonie devait devenir indépendante, le plus gros problème financier se trouverait au niveau social. En effet, il serait fini d’avoir des transferts venant du nord du pays pour combler le trou entre les recettes et les dépenses. Le plus grand nombre d’allocataires sociaux (chômeurs, pensionnés, malades et invalides) se trouve en Wallonie. Cette différence financière est égale à 2 milliards d’euros, c’est-à-dire 616 euros par habitants. Pour résoudre ce problème, il faudrait diminuer de 15 à 20% les diverses prestations sociales. Les allocations de chômages passeraient de 800 à 650 € et la pension de 1.000 à 800 euros. Nous imaginons donc le grabuge qui secouerait notre nouvel état. Tous les habitants seraient touchés, on arriverait à une baise des revenus de 4%, et il n’y aurait aucune possibilité d’augmenter les impôts car les entreprises seraient pénalisées, et l’on sait que l’économie est une base solide d’un pays.

Bruxelles aussi est inquiète. Y a-t-il un intérêt à se lier à la Wallonie?
Si l’on se base sur un scénario optimiste, Bruxelles doit espérer une « Ville internationale » qui serait financée en partie par l’Union Européenne. De plus, il faudrait que les navetteurs qui vont y travailler paient leurs impôts et cotisations où ils travaillent et non plus où ils résident. Il y a 200.000 flamands contre 90.000 Wallons. Il faudrait alors que l’Union Européenne maintienne sa capitale à Bruxelles. Il ne faut pas oublier non plus les Bruxellois qui sont souvent mis à part lors des réformes de l’état actuel. Si Bruxelles est important pour la Wallonie, il n’en va pas de même en sens inverse. Une fédération de la Wallonie et Bruxelles apporterait une perte réduite, et la richesse produite serait de 2% supérieure par rapport à celle venant de Flandre.

Si la Belgique était scindée, la Flandre ne perdrait donc plus l’argent des transferts vers la Wallonie et baisserait directement les impôts sur les sociétés afin d’avoir une compétitivité plus accrue de ses entreprises.
Aujourd’hui, près d’un tiers des entreprises ayant plus de 100 travailleurs on au moins un site de production dans deux des trois régions, ce qui veut dire qu’en cas de séparation, il y aurait des calculs très compliqués selon les différents régimes d’imposition. Il y aurait donc un service du personnel ayant beaucoup de travail, ce qui pourrait faire exploser les coûts de gestion du personnel.

On pourrait donc dire que la Flandre aurait à long terme pas mal de contraintes. Sa population est vieillissante, ce qui signifierait que dans le futur les transferts d’argents « Nord-Sud » s’équilibreraient, sa petite région est contaminée par l’extrême droite et en cas de scission en trois parties, la capitale économique ne pourrait plus être Bruxelles et tout serait à refaire, même si à l’heure actuelle, les néerlandophones désirent conserver leur capitale actuelle. Il s’agirait donc du premier pays au monde à avoir sa capitale dans un autre pays!