J’ai vu Ubu enchaîné avec Eric Cantona

Déjà tout petit, j’aimais le foot. J’aimais bien Eric Cantona. Hier soir, il était à Namur pour jouer Ubu enchaîné. La pièce a commencé, il n’était pas là. Il est arrivé sur la scène. Je l’ai regardé. Il m’a regardé. Je l’ai regardé. Il a commencé à jouer. La pièce a avancé. La pièce s’est terminée. J’ai décidé d’en faire un article pour mon blog. Bref, j’ai vu Eric Cantona.

Après cette petite introduction, je vais quand même parler de ce que j’ai vu hier soir au Théâtre Royal de Namur. Ubu enchaîné, une pièce surprenantes passant des rires aux larmes ou encore par un questionnement sur ce qui vient de se produire. Il faut bien le lâcher, le nom qui amène du monde, Eric Cantona, est présent aux côtés de Valérie Crouzet et Giovanni Calo dans cette pièce d’Alfred Jarry, mise en scène par le britannique Dan Jemmett.

Sportivement retraité depuis 1997, Eric Cantona fait partie des premiers joueurs de foot à avoir laissé un souvenir au sein de ma mémoire. Désormais acteur et directeur sportif des New York Cosmos, il était de passage (et l’est toujours au moment où j’écris cet article) à Namur dans Ubu enchaîné, une pièce écrite en 1899. C’est donc 112 ans après son écriture que je vais voir ce spectacle, tout en, soyons honnête, ne sachant pas grand chose sur le sujet.

Le Père Ubu, Roi de Pologne arrive en France en compagnie de son épouse et décide de devenir esclave pour acquérir une véritable puissance. Son épouse, Mère Ubu, tente de lui faire garder la raison et essaye ainsi de l’empêcher de se mettre aux service des gens. Il n’a qu’un but, travailler comme galérien.

Revenons maintenant à ce qu’il m’a été donné d’apprécier sur la scène du Théâtre Royal de Namur. Tout d’abord, Giovanni Calo, arrive sur scène, seul, et s’installe à table. Le tout sur un fond de musique actuelle, qui serait répertoriée par nos grand-mères, comme de la techno. Une fois installé, il se lève et va ouvrir un rideau rouge. Derrière ce dernier se cachent Père et Mère Ubu. Les dialogues commencent. Il ne faut pas attendre une minute pour comprendre que le rôle de Père Ubu est fait sur mesure pour le « King ».

Arrive le début des moments que je caractériserais comme « What The Fuck ». Giovanni Calo commence à prendre les objets et les fait parler. En effet, nous n’aurons pas une personne par personnage de la pièce, mais bel et bien le Père Ubu, la Mère Ubu et une pléiade d’artifices représentant le restant des acteurs, incarnés par le troisième homme. Nous avons droit à une fleur représentant Eleuthère, nièce de Pissembock, incarné lui par une théière, sans parler d’un œuf représentant le Caporal. Et j’en passe… Une scène des plus surprenante arrive lorsque l’acteur se met à fracasser tous les objets. Plus rien ne se retrouve dans son état initial. En l’occurrence, je citerai Antoine Lavoisier  et sa célèbre citation « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » et j’ajouterai « en débris ».

Un petit mot sur la prestation des acteurs, Valérie Crouzet est étincelante, Eric Cantona est le Père Ubu par excellence et Giovanni Calo remplit son rôle de troisième homme à merveille. Notons que les différents accents ajoutent un certain piquant à la pièce.

Bien que le public dont je faisais partie espérait en vain voir Eric Cantona botter un penalty, je garderai malgré tout un bon souvenir du passage du « King »à Namur.

Si vous aussi désirez voir cette pièce ubuesque, Ubu enchaîné est en représentation au Théâtre Royal de Namur jusqu’au mardi 15 novembre et, bonne nouvelle, il reste des places.

Plus d’informations sur www.théatredenamur.be

UBU Enchaîné du 8 au 15 novembre ’11 au Théâtre de Namur from THEATRE DE NAMUR on Vimeo.

  • http://allezlesverts.blogs.lalibre.be/ Frelon Vert

    Bonsoir, nous avons vu aussi Ubu hier et à nouveau ce soir. Nous n’avions pas tout compris alors, des places restant, nous avons pris notre courage à deux mains et nous y sommes retournés. En lisant la critique sur notre blog, vous aurez compris que cette pièce ne nous a pas trop emballé. Et ce mercredi, petit miracle, c’était beaucoup plus « vivant ». Cantona s’est enfin levé et s’est balladé au milieu du public. Les applaudissements à la fin étaient plus nourris aussi. Le spectacle ne peut que s’améliorer.